Frappant d'abord le regard par son caractère pleinement décoratif, dans le sillage de l'abstraction lyrique ou de l'Action Painting, le travail de Gwénaël Gaudard  privilégie dans un premier temps la spontanéité du geste.
Les coulures de laques viennent s'enchevêtrer librement sur la toile dans un jeu avec la fluidité de la matière, les variations de textures et le traitement des surfaces. Sur des fonds blancs mats et noirs velouteux des entrelacs brillants de couleurs identiques se répandent , proliférant en formes qui s'organisent autour de centres multiples.
La couleur rouge pure répond à ce duo ombre et lumière, conférant à l'ensemble une esthétique chic et pop.
Un examen plus attentifs des tableaux révèle une dentelles de points délicats qui viennent contourner, délimiter, cerner, pour finalement contenir la forme dans la ligne.
Contredisant sa liberté gestuelle de départ, Gwénaël Gaudard applique des points sur la toile avec une rigueur obstinée et répétitive, dans une perpétuelle tension entre la nature et la matière - ses capacités de métamorphose - et l'organisation des contours.
A l'énergie et la rapidité vient répondre la lenteur et la patience necessaire à cette technique du point empruntée à la peinture aborigène, pour produire une broderie précieuse évoquant des pratiques votives ou décoratives telles que les mandalas et les peintures de sables.
La matière épaisse de la peinture, travaillée par la forme, s'assagit, se régularise, et dans l'abstraction des lignes souples se glisse des paysages au caractère japonisant.
E. Bretton





                                                           






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